Soutien au DDEN et au musée de l’école publique
Article mis en ligne le 29 avril 2012
dernière modification le 30 avril 2012

par redaction-sudeduc35
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Suite à un article d’Ouest France relatant le choix de l’association des DDEN, gérant le musée de l’école publique (et laïque), de le présenter à une école privée catholique, SUD éducation 35 lui apporte son soutien (l’association à préféré fermer provisoirement son musée face à cette inutile polémique).

Communiqué :SUD éducation 35 soutient l’Union départementale des DDEN d’Ille-et-Vilaine dans son refus d’accueillir une école privée dans son musée de l’école publique

L’enseignement privé confessionnel est par nature ségrégationniste : il n’existe que pour faire en sorte que tous les enfants de notre pays ne soient pas sur les mêmes bancs d’école. L’école publique, laïque, a été instituée pour que les enfants scolarisés, et en particulier ceux des classes travailleuses et exploitées, aient tous le droit à une éducation complète ce qui n’était pas le cas à l’époque de « l’école d’antan » faut-il le rappeler, hors conditionnement religieux ou idéologique.
Cependant, contrairement à ce que qu’implique la loi de 1905 (« la république ne subventionne et ne salarie aucun culte »), l’enseignement privé « sous contrat » bénéficie du financement de l’Etat.
On ne va pas en plus demander aux militants qui défendent l’école publique d’organiser ses sorties scolaires !?
SUD éducation 35 soutient l’Union départementale des DDEN d’Ille-et-Vilaine dans son refus d’accueillir une école privée dans son musée de l’école publique.
SUD éducation 35 estime que la paix scolaire est une mystification, tant ont été nombreuses les offensives de l’enseignement privé, en particulier confessionnel, soutenu par les députés les plus à droite. Ces deux dernières années, ces députés ont fait voter un détournement de crédits prévus au budget de l’Education Nationale au profit de l’enseignement privé !
Les lois de détournement et de dénaturation de la laïcité (lois Falloux, Marie-Barangé, Debré, Guermeur, Rocard pour l’enseignement agricole, les accords Lang-Cloupet, et la dernière en date, la loi Carles ...) sont toujours en vigueur.
Les Délégués Départementaux de l’Éducation Nationale d’Ille et Vilaine qui gère bénévolement et de façon militante son musée de l’école publique a totalement raison de refuser que dans le cadre scolaire des élèves de l’enseignement privé bénéficient de ce lieu.
SUD éducation 35 soutient l’Union des DDEN 35 pour que soit rendue possible la réouverture du musée de l’école publique, et est prêt à affirmer cette solidarité dans les actes.
Ouest France 24/04/2012
Ouest France du 24/04/2012
ci dessous la réaction des DDEN (non publiée par OF)
La laïcité est action
Ainsi la promotion de la laïcité serait répréhensible ? D’après ce que j’en sais, les Délégués Départementaux de l’Éducation Nationale d’Ille et Vilaine ont créé un conservatoire de l’école publique et laïque afin de valoriser auprès des enfants de ces écoles les valeurs qui la sous-tendent. Qui sont ces enfants ? Tous les enfants que l’école de notre République laïque accueille indifféremment des options linguistiques, philosophiques ou religieuses de leurs parents. En effet c’est bien là un des projets de cette école laïque : apprendre à faire vivre ensemble des futurs citoyens quelles que soient leurs opinions pour autant qu’elles soient respectueuses de la loi. Puisqu’il faut mettre les points sur les « i », mettons les ! La laïcité c’est la volonté de s’organiser en respectant les autres en y associant une règle de moindre contrainte. Prenons un exemple : quand il est question d’avortement, le rôle de notre état laïque est de permettre à toutes les femmes concernées d’en faire le choix ou non en leur donnant la possibilité d’y réfléchir sans contrainte et, si elles le décident, de pouvoir exercer le choix de l’avortement dans les meilleures conditions morales et de santé. En quelque sorte c’est la mise en action d’un droit d’exercice libre et non faussé. Quand monsieur Radzinger rappelle à ceux qui adhèrent à son association que ses règlements ne les autorisent pas à avorter, la République laïque n’a rien à y redire car ce rappel n’est pas contraignant pour ceux qui n’adhèrent pas à ses vues, pas plus d’ailleurs qu’il ne l’est pour ses adhérents. Cependant, quand il incite les adhérents de son association à faire des lois contraignantes pour toute la société, la République laïque ne peut accepter un tel projet. Monsieur Radzinger devrait être poursuivi pour incitation à la dictature morale et physique.
Revenons maintenant à ce qui à provoqué l’ire de quelques uns. Il est certain qu’un tel projet émancipateur et d’organisation d’un vivre ensemble toujours plus fort ne soit pas du goût de ceux qui ont pour projet de partager les futurs citoyens dans des isolats linguistiques, philosophiques ou religieux. Le fait de bénéficier d’une attention bienveillante, quoique surprenante, de notre République laïque, ne leur suffit pas. Tout l’espace occupé par l’École laïque au fonctionnement indifférent aux opinions partisanes les dérange, ils en voudraient plus. Il semble d’ailleurs que nombre parmi eux se soient mépris sur le sens du mot « indifférence » tel qu’il en est usé dans le cadre laïc. Il ne s’agit pas d’une indifférence au devenir de la société, il ne s’agit pas d’une indifférence aux valeurs qu’elle promeut et qui jusqu’à ; preuve du contraire sont officiellement celles de notre état laïque. La laïcité n’est pas un paillasson sur lequel toutes les opinions partisanes peuvent s’essuyer les pieds, ni un punching-ball dans lequel se défouler. La laïcité n’est pas une clause de style, mais un projet d’action.
Ainsi donc le conservatoire de l’École publique reçoit par ses bénévoles des enfants sans un regard sur l’opinion de leurs parents. Il accueille, quand il en a la capacité, tout citoyen ou groupe de citoyens dans l’indifférence de leurs opinions personnelles pour leur exposer et leur faire revivre de manière critique l’histoire passée et actuelle de l’École publique laïque. Par quels arguments non partisans y aurait-il à y redire ?
Je sais que depuis plus d’un an les responsables du conservatoire sont l’objet de provocations de personnes qui n’admettent pas les principes de laïcité. Ce fait, certes très minoritaire, qui reçoit curieusement l’écoute bienveillante d’un journal dont personne n’ignore les options partisanes à quelques jours d’une échéance électorale importante, ne mérite pas qu’on s’y attarde.
Martine HEBBRECHT
Gérard HAMON

Le 20 avril 2012

Que cherche donc madame Beaugendre institutrice de l’école catholique Saint Joseph de Chantepie ?
Journaux, médias se sont bousculés pour faire entendre la belle histoire édifiante de madame Beaugendre. Elle a rencontré de vilains intolérants laïcs qui ne l’ont pas laissé visiter avec sa classe de l’enseignement catholique le musée (petit musée a quand même dit un journaliste) de l’école publique. Et la malheureuse de dire sur un ton de saint étonnement « Qu’il s’agit d’une discrimination ; que les enfants n’y sont pour rien ; que c’est ouvert à tout le monde ... » et de faire un petit topo sur les qualités de l’enseignement catholique. Ce qu’elle omet de dire, c’est qu’il ne s’agit pas d’un musée mais d’un outil dont se sont dotés les DDEN d’Ille et Vilaine pour accueillir les enfants de l’école publique afin de valoriser auprès d’eux les vertus de la laïcité et de l’école publique laïque.
Il ne s’agit pas d’y déambuler comme on visite un musée quelconque et les bénévoles présents y font des commentaires et des animations en concertation avec les enseignant(e)s des classes des écoles publiques en visite. On remarque au passage qu’elle dit « Les enfants n’y sont pour rien » comme si le fait d’aller à l’école catholique était quelque chose à se faire pardonner. D’un point de vue laïc nous ne voyons pas les choses en faute ou pas faute, péché ou pas péché. Certaines familles préfèrent mettre leurs enfants dans l’enseignement catholique, c’est leur droit et nous n’en redisons rien. Nous ne nous intéressons pas à l’enseignement catholique, il n’est pas l’objet du projet du Conservatoire de l’école publique. Si cet enseignement catholique existe, c’est bien parce que pour de multiples raisons ses promoteurs ne sont pas d’accord avec l’enseignement public et ses valeurs de laïcité. Nous n’ignorons d’ailleurs pas qu’un des discours tenus par les partisans de l’enseignement catholique, au moins en Bretagne, est que dans l’enseignement public les élèves sont mal élevés, se tiennent mal, sont mal encadrés, voire encadrés par des personnes sans morale.
Que cherchait donc alors madame Beaugendre ? Elle voulait peut-être faire valoir auprès de ses jeunes élèves les vertus de la laïcité et les qualités de l’enseignement public pour qu’ils demandent à leurs parents d’intégrer cet enseignement ? Peut-être, mais elle ne l’a jamais dit à ses interlocuteurs et dans ce cas elle aurait dû faire état de l’accord des parents et de sa hiérarchie. Était-elle prête à travailler avec les bénévoles pour leur expliquer comment faire face à cette situation inédite : valoriser auprès d’élèves de l’enseignement catholique les vertus de l’enseignement public et de la laïcité ? Si tel est le cas, elle aurait dû être plus explicite. Si c’est son objectif, une entente est encore possible.
La réalité est sans doute beaucoup plus simple. Madame Beaugendre connaît parfaitement le fonctionnement du Conservatoire et cela lui a été rappelé. Pour cela il suffit de se connecter sur le site des DDEN 35, dans la page de présentation on lit : « Il appartient au D.D.E.N. de favoriser la création et le développement des œuvres complémentaires de l’Ecole publique. Ceci peut avoir des incidences sur le fonctionnement des centres de loisirs, patronages laïques, amicales et associations d’amis de l’Ecole, ciné-clubs... Ces actions ne peuvent être menées à bien que si elles sont conduites en harmonie avec les enseignants, les parents et les élus. » Dans la rubrique « Conservatoire » il est clairement précisé « Le conservatoire remet en mémoire l’école laïque et la façon dont les écoliers faisaient leurs apprentissages, de manière étroitement liée à l’école républicaine du début du XXéme siècle ; A l’initiative de Jules Ferry, des lois sont proclamées : l’institution de la gratuité de l’enseignement primaire en 1881, la laïcité et l’obligation scolaire en mars 1882.
Pour la création du conservatoire de l’école publique, les délégués départementaux de l’éducation nationale ont voulu affirmer leur attachement à cette école, et présenter l’école obligatoire, élément moteur de l’avancée sociale au début du siècle dernier. » C’est on ne peut plus clair, Madame Beaugendre savait pertinemment qu’il ne pouvait être donné suite à ses demandes. Elle a pourtant vu l’occasion de porter des coups aux valeurs laïques et trouvé des oreilles attentives et intéressées pour raconter ses patenôtres.
L’histoire ne s’arrêtera pas à ce fait divers médiocre. Les promoteurs de la laïcité en ont vu d’autres et qu’elle le veuille ou non, c’est bien parce que nous sommes dans un état majoritairement laïque que la liberté d’expression existe et que nous ne vivons pas dans la crainte des autodafés, des inquisitions, des fatwas et d’incessant attentats à la voiture piégée.
Gérard HAMON
2009-2011 Le conservatoire a accueilli 19 classes de l’enseignement public laïc soit 356 élèves et 60 adultes.
2011-2012 Le conservatoire a accueilli 1307 élèves de l’enseignement public laïc et 1219 adultes.



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